MVP : comment définir la première version d’un produit

Par Roumane & Companies · Mis à jour le

En bref

Un MVP (produit minimum viable) est la plus petite version d’un produit qui permet à de vrais utilisateurs de régler un vrai problème. Il sert à apprendre vite : on y met un seul parcours complet, on le confie à des utilisateurs, et on décide de la suite à partir de ce qu’ils en font.

Qu’est-ce qu’un MVP ?

MVP signifie « minimum viable product », produit minimum viable. Les deux mots comptent. Minimum : il ne contient que l’essentiel. Viable : il fonctionne réellement et rend le service promis, même sur un périmètre étroit.

Un MVP n’est donc ni une maquette, ni une démonstration, ni un produit bâclé. C’est un produit étroit mais fini, que l’on peut mettre entre les mains d’utilisateurs.

À quoi sert un MVP

Un MVP répond à une question : est-ce que des utilisateurs se servent du produit, et sont-ils prêts à payer ? Tant que cette question n’a pas de réponse, chaque fonctionnalité ajoutée est un pari.

Il sert aussi à convaincre : des investisseurs, des partenaires ou une direction se décident plus facilement devant un produit utilisé que devant une présentation.

Comment choisir ce que contient le MVP

La méthode tient en quatre étapes :

  • Écrire en une phrase le problème réglé et pour qui.
  • Décrire le parcours principal : ce que fait l’utilisateur, de son arrivée jusqu’au résultat.
  • Lister toutes les fonctionnalités envisagées, puis ne garder que celles sans lesquelles ce parcours est impossible.
  • Classer le reste par ordre de priorité, pour les versions suivantes.

Le test est simple : si l’on retire une fonctionnalité et que le parcours principal marche toujours, elle n’a pas sa place dans le MVP.

Ce qu’il ne faut pas sacrifier

Réduire le périmètre ne veut pas dire réduire la qualité de ce qui est livré. Trois points ne se négocient pas :

  • La sécurité des comptes et des données : un MVP manipule déjà des données réelles.
  • Le parcours principal : il doit être fluide, puisque c’est lui que vous testez.
  • Une base technique saine : le code du MVP doit pouvoir servir de fondation au produit, sinon il faudra tout réécrire au moment où les clients arrivent.

Application mobile, web ou les deux ?

Pour un MVP, il est rarement utile de tout lancer en même temps. Une application web est plus rapide à mettre à jour et ne dépend pas de la validation des stores. Une application mobile s’impose quand l’usage repose sur le téléphone : notifications, appareil photo, géolocalisation, utilisation en déplacement.

Si le mobile est nécessaire, une base de code commune pour iOS et Android, par exemple avec React Native, évite de développer deux applications.

Du MVP au produit

Une fois le MVP en service, la suite se décide avec des faits : ce que les utilisateurs font réellement, où ils s’arrêtent, ce qu’ils réclament. Certaines fonctionnalités prévues ne seront jamais développées, d’autres auxquelles personne n’avait pensé passeront en tête de liste. C’est le signe que le MVP a rempli son rôle.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un MVP et un prototype ?
Un prototype montre à quoi ressemblera le produit, souvent sous forme de maquettes cliquables, mais ne fonctionne pas réellement. Un MVP fonctionne : des utilisateurs s’en servent pour de vrai, sur un périmètre réduit.
Combien de temps faut-il pour développer un MVP ?
Si le périmètre est bien tenu, un MVP se développe en quelques mois. Quand le délai s’allonge, c’est en général que des fonctionnalités non essentielles sont entrées dans la première version.
Faut-il utiliser des outils no-code pour un MVP ?
Le no-code convient pour tester une idée simple très vite. Il montre ses limites dès que le produit a des règles métier particulières, des volumes importants ou des exigences de sécurité. Le choix dépend de ce que vous cherchez à vérifier.
Le code du MVP est-il jeté ensuite ?
Pas s’il a été conçu sur une base saine. Un MVP développé proprement devient la première version du produit, que l’on enrichit. Il n’est réécrit que si le produit change complètement de direction.

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